Beaucoup pensent que le pouvoir de négociation découle d'une position élevée, d'une grande entreprise ou d'un budget conséquent. En réalité, un autre facteur se révÚle bien plus déterminant. Le véritable pouvoir de négociation provient d'ailleurs.
Imaginons deux personnes négociant l'achat d'une voiture. L'une est membre du conseil d'administration d'une multinationale. L'autre est un entrepreneur indépendant qui possÚde un client important. Sur le papier, le rapport de force semble évident.
Or, c'est précisément cet entrepreneur qui se trouve en position de force lors des négociations. Non pas parce qu'il négocie plus durement, mais parce qu'il sait qu'il peut compter sur un allié.
Dans une nĂ©gociation, le pouvoir ne rĂ©side ni dans le titre professionnel ni dans la taille de l'entreprise. Des Ă©tudes montrent qu'il fonctionne mĂȘme si l'on se contente de l'imaginer.

Le négociateur le plus fort a souvent la meilleure solution de rechange.
Moins vous ĂȘtes dĂ©pendant d'un accord, plus votre position devient forte.
Les chercheurs mettent en Ă©vidence ce mĂȘme principe depuis des dĂ©cennies : la principale source de pouvoir dans une nĂ©gociation nâest ni votre position, ni votre expĂ©rience, ni votre organisation. Il sâagit de votre BATNA : la meilleure solution de repli en cas dâĂ©chec des nĂ©gociations.
Les personnes qui défendent une alternative solide se fixent généralement des objectifs plus élevés, font des propositions plus ambitieuses et sont moins sensibles aux pressions de l'autre partie.
C'est logique. Quelqu'un qui sait qu'il existe d'autres options n'a pas besoin de s'accrocher aussi désespérément à cet accord. Cette indépendance se reflÚte dans son attitude, ses choix et son comportement durant la conversation.
Par conséquent, un entrepreneur aux ressources limitées peut parfois négocier plus fermement qu'une personne occupant un poste prestigieux. Non pas parce qu'il a plus de pouvoir sur le papier, mais parce qu'il est moins dépendant du résultat.
MĂȘme une alternative imaginaire augmente votre pouvoir de nĂ©gociation.
Ce n'est pas seulement l'existence d'une alternative concrĂšte, mais aussi la simple perspective d'une alternative qui influence votre comportement. Une Ă©tude de l'INSEAD montre que les individus nĂ©gocient avec plus d'ambition lorsqu'ils envisagent Ă l'avance des alternatives rĂ©alistes, mĂȘme si elles ne sont pas encore disponibles.
Les participants qui ont envisagé une telle alternative se sont fixé des objectifs plus ambitieux et ont obtenu de meilleurs résultats que les participants qui ont entamé la négociation sans cette préparation.
Les chercheurs parlent mĂȘme d'un Phantom BATNAUne alternative possible, dont la rĂ©alisation n'est pas encore certaine. La simple idĂ©e qu'il existe d'autres options semble influencer la façon dont les gens perçoivent leur situation.
Le pouvoir est donc en grande partie une question de perception. Et les perceptions peuvent ĂȘtre travaillĂ©es.
Pourquoi cela s'applique également au pouvoir psychologique en général
Votre sentiment d'influence dĂ©termine en partie votre comportement lors des nĂ©gociations. Les chercheurs Adam Galinsky et Joe Magee ont dĂ©couvert que les individus nĂ©gocient diffĂ©remment selon qu'ils se souviennent d'un moment oĂč ils se sont sentis puissants ou influents. Ce souvenir les rend moins enclins Ă accepter une proposition initiale et les incite Ă rechercher activement un meilleur rĂ©sultat.
Le pouvoir opĂšre donc Ă deux niveaux. Il y a le pouvoir objectif d'une bonne alternative. Et il y a le pouvoir psychologique de votre propre confiance en vous, que vous pouvez activer simplement en repensant aux moments oĂč vous avez fait preuve de fermetĂ©.
Pourquoi un sentiment de dépendance vous rend vulnérable
Les personnes qui se sentent impuissantes sont plus facilement influencées par le comportement d'autrui. Les recherches de Gerben van Kleef montrent que les négociateurs ayant peu de pouvoir sont plus sensibles aux émotions de la partie adverse. Lorsque cette derniÚre manifeste colÚre, irritation ou frustration, elle est plus encline à faire des concessions. Les négociateurs qui se sentent plus en position de force semblent, quant à eux, nettement moins sensibles à ces émotions.
Cela rend une position de faiblesse risquĂ©e. Non seulement vous ĂȘtes plus dĂ©pendant de l'accord lui-mĂȘme, mais vous ĂȘtes aussi plus vulnĂ©rable aux pressions de la conversation. De ce fait, les Ă©motions peuvent prendre le pas sur le contenu.
Les négociateurs les plus performants sont eux aussi naturellement influencés par leurs émotions, mais ils ne perdent jamais de vue leur objectif.
Pourquoi le pouvoir occupe une place fixe dans mon modÚle de négociation
Une négociation efficace exige un juste équilibre entre fermeté et souplesse. Lors de mes formations, je travaille autour de quatre axes : le contenu, le pouvoir, la relation et la créativité. Le pouvoir y joue un rÎle essentiel.
L'axe du pouvoir s'Ă©tend d'une faible rĂ©sistance Ă un comportement dominant. L'objectif n'est pas d'ĂȘtre le plus dominant possible, mais de maintenir une position suffisamment ferme pour protĂ©ger ses intĂ©rĂȘts sans tomber dans l'excĂšs inverse.
La premiĂšre loi de la nĂ©gociation s'inscrit dans cette mĂȘme logique : il faut consciemment consolider sa position de force. Non pas parce que nĂ©gocier est un combat, mais parce que la dĂ©pendance conduit presque toujours Ă une moindre influence sur le rĂ©sultat final.
Câest pourquoi je travaille avec le principe BOZO : la Meilleure Option Sans Accord. Un bon BOZO vous apporte la tranquillitĂ© dâesprit, accroĂźt votre libertĂ© de choix et vous assure une position de force lors des nĂ©gociations. Il est la source de votre pouvoir de nĂ©gociation, avant mĂȘme que vous nâayez prononcĂ© un seul mot.
Quatre façons de renforcer immédiatement votre position de pouvoir
Le pouvoir de négociation découle principalement de la préparation.
- Déterminez votre BOZO à l'avance : Que ferez-vous si cet accord n'est pas trouvé ? Quelles sont vos autres options ? Plus votre réponse sera concrÚte, plus votre position sera forte.
- Explorez les alternatives avant de commencer à négocier : N'attendez pas que la conversation s'enlise. Assurez-vous de connaßtre au préalable les autres options possibles.
- Restez attentif à la pression émotionnelle : Remarquez-vous que l'irritation, la colÚre ou la précipitation de l'autre personne influencent vos décisions ? Dans ce cas, prenez du recul et recentrez-vous consciemment sur le contenu de la conversation.
- Activer un sentiment de puissance : Repensez Ă une situation oĂč vous avez rĂ©ussi, su convaincre ou fait preuve d'assurance. Cela vous aidera Ă aborder la conversation avec plus d'assurance.
En fin de compte, le pouvoir repose sur la liberté de choix.
La position la plus solide se trouve lorsque l'on sait pouvoir aller de l'avant mĂȘme sans cet accord. Le pouvoir rĂ©side rarement dans un titre professionnel, une carte de visite ou la taille d'une entreprise. Il naĂźt de la libertĂ© de choix, de la capacitĂ© Ă penser par soi-mĂȘme et Ă faire des choix Ă©clairĂ©s.
Moins vous dĂ©pendez d'un seul rĂ©sultat, plus vous avez de marge de manĆuvre pour nĂ©gocier calmement, professionnellement et efficacement.
Le pouvoir dans une négociation : comment renforcer sa position
Dans une négociation, le pouvoir repose sur la liberté de choix. Par conséquent, renforcez votre position. meilleure alternative (également connu sous le nom de BATNA) : moins vous dépendez d'un seul accord, plus vous conservez de pouvoir dans une négociation.